jeudi 18 août 2016

Vagues - Le monde change (Poésies)




Vagues


Les vagues de tristesse qui parfois m’envahissent
gravent sur le sable, d’une illusion l’esquisse
Balayées, à chaque fois différentes,
la pleine mer me les masque,
la marée basse, les laisse en attente.


La nuit les fait disparaître,
seul les clapotis marquent encore cette activité incessante,
le travail des éponges, ce brassage des songes.


Le sable reste sable, la mer reste mer
les illusions vont et viennent,
elles sont miennes.





Le monde change
C'était comme une immense vague
Qui chantait dans la nuit
Et plus personne ne criait
Et plus personne n'avait peur.
Il y a des jours comme ça
Où les hommes se rencontrent
Où les hommes se sourient
En parlant de choses et d'autres
En riant de mille façons.
Ces jours là
Les femmes ont une étoile
Sur leur front.
Elles ont un chat dans leur maison
Et elles rient, elles rient
Quand un homme passe.
C'était comme une immense vague
Qui chantait dans la nuit
Et plus personne n'avait peur
Et plus personne ne criait.

1981

jeudi 11 août 2016

Bref moment (Poésie)







Il s'assoit là devant
Prétentieux comme un paon
Il la coiffe tel un trophée
Sans même se soucier
De tous ceux qui l'envient
Des solitaires qui s'ennuient.

Elle prend place elle aussi
Me regarde et sourit...
Le printemps réchauffant les ardeurs
S'agit-il d'une affaire de coeur ?

Cheveux blonds
Comme l'est la moisson
Longues jambes effilées
Scintillantes épées

Nez fin et si beau
La pointe d'un javelot !
Yeux rieurs
Un coin de son coeur.

J'assure le coup
Elle est belle, c'est tout
Saurait-elle m'émouvoir ?
J'aimerais bien le savoir.

Si j'osais l'approcher
Peut-être même lui parler
Serais-je déçu
D'un coeur trop charnu ?

Je ne veux pas savoir
Je reste dans le noir
Je penserai longtemps
A ce bref moment.

04.1977

lundi 18 juillet 2016

Nous partirons (Poésie)








Demain,
au petit matin,
quand la brume du sol
se confond avec celle du ciel ;
quand la ville s’éveille
peu à peu
des milles petits bruits qui font la vie ;
quand l’air se fait plus clair,
jouant la nique
aux éclairages publics ;
quand les chiens sortent leurs maîtres
pour faire le tour du pâté de maison .
Demain,
au petit matin,
nous partirons,
ailleurs.



Nuit chahutée... (Poésie)

D'avoir lu quelques mots de douleurs, au détour de nos échanges, je me suis refugié dans une nuit blanche à penser à vous. Vous ? Peut-être une, peut-être plusieurs, mais qu'importe. Qu'un cœur se fissure et tout semble insurmontable, le doute se pose sur chaque minute. Le temps de comprendre demandera son temps, mais croyez bien, que vous soyez une ou plusieurs, je comprends vos larmes et reste juste là, jamais loin. 




Écoutez la chanson bien douce
Paul Verlaine

Écoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire,
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !

La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,

Et dans les longs plis de son voile,
Qui palpite aux brises d'automne.
Cache et montre au cœur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.

Elle parle aussi de la gloire
D'être simple sans plus attendre,
Et de noces d'or et du tendre
Bonheur d'une paix sans victoire.

Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste !

Elle est en peine et de passage,
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !...
Écoutez la chanson bien sage


vendredi 8 juillet 2016

Rêves (Poésie)






Rêves qui rythmez mon souffle de vie,
Parfums d'amour qui  hantez mes nuits,
Laissez moi dessiner les mots tendres,
Que m'inspire celle que je veux prendre.
Faites que mon présent navigue sur le sien.
Qu'elle devine ce qui chaque heure vient
Faire naître en moi la joie d'une pensée,
Qui éteigne la peine de nos passés.
N'oubliez pas la seule vérité du destin
Qui ne doit rien au hasard de nos entrains.
Le moment qui fut ici et maintenant
La lumière douce de l'inoubliable moment,
Ne sort pas de l'imaginaire d'un rêve.
L'aveu tant inattendu sorti de mes lèvres,
A illuminé la croisée des communs chemins
Gravés dans la fibre de l'universel  parchemin.
Elle peut croire mais ne veut rien dire
Du mirage de l'amour qui sût meurtrir,
Les ailes de la passion qui brisa son coeur
Cristal fendu par mille et une pleurs.
Restez là et donnez moi la patience
De cultiver pour nous la confiance.
Elle est la fleur que nous voulons cueillir
Sans plus jamais la voir s'évanouir.

Robert Trebor 03.99

mercredi 6 juillet 2016

Ma douce, ma dingue (Poésie)





Pour achever ma quête de soleils bleus,
Ma Douce, ma Dingue, et dire tes yeux,
Tu te glisses vers une sépulture cachée.
Ô infortune de nos amours violées !

Je n'écoute pas tes larmes d'abandon,
Alors tu me bannis de tes malheurs.
Enchaîne-moi à tes sombres démons,
Que je livre bataille avec vigueur !

Mort, tairais-je tes vices, ta volupté,
Ou chanterais-je encore ta beauté ?
Je te veux lascive sous les flammes,
Donne-moi tes seins que je soûle mon âme !

Tu appelles les caresses du sculpteur
Sur ton corps épanoui avec langueur,
Et tu pries pour l'exil inutile
D'un navire tout imprégné qui chavire.
A Rome, à Paris, je meurs sans souci,
Ma Douce, ma Dingue, sans tes cris.
J'implore, nu, ma déesse sauvage
Qui m'offre cet étrange breuvage...

Dans ce lieu que je ne reconnais point,
Tu danses tendrement, je te rejoins
C'est là l'enfer, m'annonces-tu réjouie.
Libéré, tremblant, je plonge ravi.

06.1987


mardi 5 juillet 2016

Qu’importe la vie (Poésie)





Ma colère gronde
A la face du monde
Pendant que je pisse
Sur l’injustice.


Tu ne comprends rien
Lorsque ton voisin
Enseveli sous la peine
S’ouvre les veines.


Il se meurt à tes pieds
Tu ne veux pas regarder.
Serais-tu concerné
Par ce geste désespéré


Tu oublies de l’aimer
Ta main pour l’aider
Tu t’éloignes de lui
Pendant qu’il s’enfuit.


Ne plus vivre c’est tout
L’injustice est partout,
Il n’en sortira pas
Il le sait déjà.


Il nous quitte voilà !
Billet pour l’au-delà.
Un aller seulement
Pour le firmament.


Qu’importe la vie,
Lorsque tout est fini.
Qu’importe la mort,
Lorsque tu as tous les torts.


Robert Trebor 11.1979