Le réveil fut étrange. Juste un message qui ne disait rien, mais ne pouvait caché l'essentiel. Le doute, la confiance, le sentiment d'amitié, et sans doute même au delà si cela avait été partagé, se sont entrechoqués pour atteindre la densité critique, prémices à cette explosion qui libère les énergies. Le bing bang des sentiments.
Le voile se levait sur une scène de mauvais gout. Une petite vengeance trop quelconque, cachait mal une faiblesse évidente pour des choses superficielles, inconsistantes, faite de ces artifices de mauvaise qualité qui pourrissent un présent tout autant qu'un avenir. A ne savoir que trop mal aimer, ils allaient rejouer le beau prétexte des corps qui s'abreuvent des plaisirs charnels. Inconscients de se perdre dans de beaux draps en croyants s'aimer juste par quelques soupirs et frénésies occasionnelles. Quelle étrange facilité d'oublier, une heure ou d'avantage, les trahisons passées, les mots qui blessent, l'humiliation des errements, la renonciation même aux plaisirs de se découvrir et de s'apprendre, de se regarder au fond de l'âme pour ce qu'il y a de meilleur et parfois de pire.
Boire plus que de raison, habitude si commune des préliminaires bâclés, les poussait l'un vers l'autre, sans rien sentir du piège des sentiments faux qui se greffent sur une histoire ancienne déjà morte. A crier vengeance, sans rien percevoir de ce qu'il adviendra, pourquoi envisager de s'offrir et donner raison à qui annonçait glorieux être le maitre des sensations fortes. Celles primaires si éloignées de celles cérébrales .
Discussions, plaisanteries, je te tiens... tu me tiens, je te touche... tu me touches, rires et joutes verbales... spectacle d'une comédie déjà cousue de fil blanc. Je les laisse !
Le rideau de la pudeur se pose mais laissera l'imagination trotter, et faire renaitre en moi la peur de ses souffrances. Je ne sais plus rien, je n'attends plus rien. Ma seule faiblesse sera de craindre un cœur déchiré, des yeux rougis par les larmes... mais devrais-je alors ouvrir encore les bras, sans un reproche, sans la juger, au risque de me perdre dans ce qui est juste impossible. Pourquoi ?
Enfin libre ...pas certain, car je me révolte face à l'amour bafoué qui ne l'est pas. On se perd toujours à se mentir, et en jouant des histoires qui ne sont pas les siennes !
« L'amour ne meurt pas d'une mort naturelle. Il meurt parce que nous ne savons pas comment reconstituer sa source. Il meurt de la cécité et des erreurs et des trahisons. Il meurt de la maladie et des blessures, il meurt d'ennui et de la maladie. » Anais Nin


1 commentaire:
Oh que j'aime ce texte. Quelle sensibilité !
Merci je voyage - Adrien
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